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Pourquoi ce roman ? |
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Il est 10h00 du matin, en ce début de semaine estivale, et je reste à méditer dans mon fauteuil, installé dehors sur la terrasse ombragée. Le chant des cigales me rappelle que je suis dans le midi de la France, dans le Sud comme on dit communément ici. Les douces collines qui ornent le paysage sont striées par des rangées de vignes et d'oléagineux tels qu'amandiers, noisetiers et oliviers. A l’arrière plan, un espace plus montagneux de garrigue occupe l’horizon. Ce paysage est typique de la région languedocienne où je passe chaque été une partie de mes vacances. Cette région m'est chère : il est vrai que j'en suis originaire, que ce soleil si généreux me ressource à chacune de mes visites. Mes promenades dans les petits villages des Corbières et les gens du cru, à la fois si pudiques et attachants, m'ont finalement convaincu que mes racines étaient ancrées, en profondeur, dans le Languedoc. Les vacances sont propices à la lecture, à la méditation. En cet été 2006, une question m’occupe l'esprit : où cette région a-t-elle puisé son attachante particularité ? Mes motivations à initier cet ouvrage proviennent sans doute d’un désir de comprendre mes racines : il s’agit pour moi de mieux connaître l’identité des grandes villes occitanes comme Béziers, ma ville natale, ou celle de petits villages comme Minerve, qui renferment les cicatrices d'un passé douloureux, caché mais toujours présent. Il s’agit aussi de faire découvrir au lecteur la magie de ce terroir, de ces gens, de leur histoire. Je m'interroge sur ce qui caractérise l’esprit du Languedoc : le tempérament méridional, qualifié souvent de superficiel alors qu'il résulte d'un subtil mélange de tolérance et d'ouverture vers les autres ; l'esprit « festival », multiculturel, issu d'une longue tradition de ménestrels et autres troubadours qui officiaient dans cette région dès le Moyen Age ; l'importance du vin, boisson conviviale qui scelle les amitiés ; la croix occitane, croix d'or sur fond rouge dont trois boules terminent chaque branche, l’emblème du Languedoc. Le Languedoc est-il une région repliée sur elle-même ou une terre de progrès ? Il est en tout cas pour moi un pays oublié de l'histoire de France scolaire. D'où vient ce sentiment que tout ne m'a pas été dit quand j’étais assis sur les bancs de l'école ? J'avoue qu’avant de travailler à ce livre, mes connaissances historiques sur le sujet étaient réduites, et que mes sentiments étaient mitigés quand au rôle du Sud dans l'Histoire de France. Les archives nous apprennent que cette région a atteint son apogée durant l’antiquité et la période médiévale. Citons pour mémoire le grand port antique de Marseille, les infrastructures romaines comme l'Oppidum d'Ensérune ou la voie Domicienne, l'Université médiévale de Montpellier, etc. Mais après son rattachement à la couronne, le Languedoc s’est vu écrasé par le pouvoir royal et l'influence de Paris. Depuis, le régionalisme occitan n'a pu que survivre jusqu’à nos jours ; et dans l'esprit des français, il ne vit maintenant que grâce à ses petits crus viticoles, ses artistes « très provinciaux » et autres hippies-écolos œuvrant sous la bannière de gardarem lou Larzac et du « retour à la terre ». A ces actes mineurs, je préfère l'histoire chevaleresque et épique de l'Occitanie car, comme nous allons le découvrir, elle se base sur un message de Liberté d'Egalité et de Fraternité porté par la tragédie des Croisades. Ces dernières ont débuté par une divergence entre l'église catholique romaine et l'église cathare. Sous couvert de motifs politiques et religieux, le reproche fait par Rome à l’église cathare est essentiellement idéologique. Le catharisme prône l'élévation spirituelle de l'Homme vers la sagesse, sa prise de conscience entre le Bien et le Mal, sa liberté spirituelle. A cette époque, le catholicisme n’apparaît pas si émancipé. |



